16 avril 2010

Vapeur à roues Algerian (1874)

Vapeur à roues Algerian

Vapeur à roues Algerian dans les rapides de Lachine, Montréal, Québec, Canada.
Circa 1900.
Négatif sur verre, 25 x 20 cm.
Photographie de William Henry Jackson, 1843-1942.
Detroit Publishing Company.
Library of Congress.
Restauration © Carnet-Maritime.com.

Téléchargez la version haute définition 2560 x 2000 pixels.

(Note : nous avons conservé des retouches d’époque, dont les motivations nous échappent, à savoir le raccourcissement du pic à l’avant et la tentative de masquage de deux hublots.)

Kingston (1855)

Le navire de 174 pieds (53 m) de long, 344 GT, a été lancé sous le numéro de coque C71609 à Montréal en 1855. Il est entré en service sous le nom de Kingston sur la ligne Hamilton-Montréal.

Conçu pour le fret et les passagers, ses cabines et salons étaient luxueux. Le Prince de Galles, futur Édouard VII, l’a utilisé lors de sa tournée de ports canadiens en 1860.

Le Kingston est exploité avec succès sur le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent jusqu’au 11 juin 1872 lorsqu’un incendie se déclenche à bord au large de l’île Grenadier, dans l’archipel des Mille-Îles. Le capitaine Carmichael fait alors échouer le bateau sur l’île pour permettre l’évacuation rapide de ses 100 passagers. Il y a toutefois deux victimes, une femme noyée après s’être jetée à l’eau avec un gilet mal attaché et un jeune mousse disparu sans laisser de traces. Les aménagements du Kingston ont entièrement brûlé (les superstructures de genre de navire sont généralement entièrement en bois).

Bavaria (1872)

On récupère cependant la coque en acier et la machine à vapeur qui sont utilisées pour la construction à Montréal du Bavaria, toujours sous pavillon de la Canadian Inland Steam Navigation Company.

Le 5 novembre 1873, le bateau à aubes fait route de Montréal à Toronto avec seulement 36 passagers et une cargaison de 25 fûts de spiritueux (à fort degré alcoolique). Vers 20 heures, devant Bowmanville (lac Ontario), l’un des deux énormes balanciers en acier, qui transmettent le mouvement de la machine à l’axe des roues, se brise net. Le balancier vient traverser le salon et son plancher et va pulvériser les futailles situées sur le pont principal. L’alcool se déverse alors sur la chaudière située juste en dessous et le navire s’embrase. Pour ne pas arranger les choses, le balancier a arraché le piston en se cassant et toute la vapeur sous pression est libérée. Les hommes à la machine sont probablement brûlés vifs.

14 personnes sont tuées, dont le capitaine Carmichael qui n’a pas survécu au deuxième incendie de son navire. Les survivants disent avoir entendu un bruit effroyable et immédiatement après le Bavaria était la proie des flammes. Trois canots sont libérés des bossoirs et deux d’entre eux permettent le sauvetage de 22 personnes qui se sont pour la plupart jetées à l’eau.

Dans le Toronto Mail du 7 novembre 1873, le journaliste se demande pourquoi l’une des embarcations n’a pu prendre à son bord que 9 hommes alors que sa capacité est de 25 personnes. Il précise qu’elle était sous le commandement d’un “Frenchman named Napoleon”. Un francophone lâche, voire une brute inhumaine : “We are loth to believe that they were such inhuman brutes as to turn their backs on the scene of the disaster while yet a chance remained of their picking up a human creature.”

Un remorqueur de Newcastle ramène la coque fumante à Whitby où les pompiers éteignent les dernières braises.

Algerian (1874)

Après ce deuxième incendie, la coque est réutilisée pour la construction de l’Algerian à Montréal en 1874.

L’Algerian est au service de la Richelieu & Ontario Navigation Company et assure toujours la ligne entre Toronto et Montréal.

Contrairement à ses prédécesseurs, l’Algerian ne connaîtra pas de grande catastrophe lors de son exploitation.

Cornwall (1904)

En 1904, le vapeur à roues est rebaptisé Cornwall et ne sert presque plus, dépassé par de nouvelles unités. Il est employé en remplacement, quand les nécessités du service l’exigent.

En 1911, il est vendu à la Calvin Company qui rase ses superstructures et le transforme en remorqueur. Il servira sous cette forme jusqu’en 1930 où il est mis hors service.

Il aurait été sabordé par dynamitage près de l’île Amherst. Dans les années 70, des plongeurs disent l’avoir retrouvé par 20 m de fond, la coque éventrée, ses roues et sa machine presque intacts.

Vous pouvez achetez un tirage de cette photographie à la Galerie du Cabestan.

[6-3 pmdr]

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Avec une embarcation aussi laide, cela ne pouvait que mal se passer non ? :)

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