7 mars 2010

Le pétrolier-chimiquier UBT Ocean détourné par des pirates somaliens

Le détournement du pétrolier-chimiquier UBT Ocean (IMO 9408360) vendredi dernier est le signe d’une extension de la piraterie vers le Sud qui inquiète les autorités malgaches.

Vendredi 5 mars 2010, un pétrolier-chimiquier battant pavillon des îles Marshall a été attaqué et détourné par des pirates, au Nord de Madagascar, 04° 34’ S - 48° 09’ E, à 545 milles de Dar es Salam (Tanzanie).

Vers 6 h 30 UTC, le commandant du navire a joint par téléphone le propriétaire Ugland Brøvig Tankers pour signaler l’attaque. « Nous avons des pirates à bord » a-t-il indiqué avant que le contact ne soit rompu.

Le UBT Ocean avait à son bord vingt et un membres d’équipage, originaires de Birmanie. Il transportait du fioul de Fujaïrah (Émirats arabes unis) à Dar es Salam (Tanzanie).

Le UBT Ocean, construit en Chine en 2009, est la propriété de la société de Singapour à capitaux norvégiens Ugland Brøvig Tankers.

Ugland Brøvig Tankers possède 4 navires récents (UBT Sea, UBT Fjord, UBT Gulf et UBT Ocean), sous pavillon des îles Marshall, qui sont armés par Nautictank (Singapour). Les deux sociétés appartiennent conjointement aux Norvégiens J.B. Ugland Holding et Tharald Brøvig.

Ugland Brøvig Tankers indique que le bâtiment se dirige actuellement vers le Nord en direction des eaux somaliennes. Une zone qui est surveillée depuis 2008 par la force navale européenne Atalante qui protège les navires de commerce. Le 5 mars, la France et la Turquie annonçaient la capture de 29 pirates. Ce qui expliquerait pourquoi les pirates déplaceraient leur zone d’action vers le Sud, s’aventurant maintenant jusqu’au large de Madagascar.

Le capitaine de vaisseau Jacques Zahar, qui commande les forces navales malgaches (350 hommes, 1 patrouilleur, 6 vedettes), s’alarme : « Mais que peut-on faire ? On savait que la piraterie se rapprochait de nos côtes, mais on n’a aucune institution nationale nous permettant de lutter contre ce phénomène ».

Les pirates somaliens ont détourné 68 navires en 2009 pour un gain estimé de 60 millions de dollars.

Au moins huit navires et environ 175 marins sont actuellement détenus par les pirates somaliens. Le 1er mars dernier, c’était le tanker saoudien Al Nisr Al Saudi qui disparaissait dans le Golfe d’Aden.

UBT Ocean

UBT Ocean. Photo Dong Fang Shipbuilding Group.

Îles Marshall UBT Ocean
Type Pétrolier-chimiquier
Oil/chemical tanker
Pavillon
Flag
Îles Marshall
Marshall Islands
IMO 9408360
Longueur hors tout
Length overall
117,60 m
Maître-bau
Beam
19,00 m
Tirant d’eau max.
Draught
7,5 m
Jauge brute
Gross tonnage GT
6 149
Jauge nette
Net tonnage NT
2 882
Port en lourd TPL
Deadweight tonnage DWT
9 224 t
Capacité
Capacity
10 137 m3
Propulsion
Engine
Caterpillar MaK 9 M 25
2970 kW - 4035 HP
Vitesse (nœuds)
Speed (knots)
13
Ancien(s) nom(s)
Ex name(s)
-
Chantier
Shipyard
Dong Fang Shipbuilding Group Co.
Wenzhou, Chine
Lancement
Launching
5 janvier 2009

Le même jour, le 5 mars à 11 h 15 UTC, trois thoniers français repoussaient des attaques de pirates à 420 milles des côtes somaliennes. Le Trévignon et le Torre Giulia se sont portés au secours du Talenduic qui trainait son filet et ne pouvait prendre la fuite.

Lors d’une manœuvre d’évitement, l’une des embarcations pirates a coulé. Six hommes ont été recueillis à bord du Torre Giulia et sont sous contrôle des militaires qui sont en permanence à bord des thoniers (équipes de protection embarquées, EPE). Ils devraient êtres déposés aux Seychelles.

La flotte thonière française (11 navires) suit les migrations du thon vers le Sud, en direction du canal de Mozambique.

Mise à jour, 8 mars 2010

La Marine française fait état de 35 pirates capturés ces derniers jours par la frégate Nivôse.

Mothership somalien

“Bateau-mère”. Embarcation de ravitaillement des pirates, saisie le 6 mars. Photo Marine Nationale.

Communiqué du Ministère français de la Défense :

Le dimanche 7 mars 2010, la frégate française Nivôse agissant dans le cadre de l’opération européenne Atalante a intercepté onze pirates opérant au large des côtes de Somalie. Les personnes capturées sont venues s’ajouter aux vingt-quatre présumés pirates déjà retenus à bord de la frégate. L’opération Atalante enregistre ainsi la plus importante prise de pirates réalisée dans le bassin somalien.

Cette dernière capture est le résultat d’une action combinée de moyens militaires européens mis en œuvre par l’opération Atalante : la frégate française Nivôse, le pétrolier ravitailleur italien Etna, navire amiral de l’opération, ainsi qu’un avion espagnol de patrouille maritime.

Mise en alerte par l’état-major de l’opération Atalante après des renseignements recueillis par l’avion espagnol, la frégate Nivôse a rallié le secteur, précédée de son hélicoptère Panther et de l’hélicoptère de l’Etna. Les embarcations rapides de la frégate ont intercepté un bateau-mère et deux skiffs, « marqués » par les hélicoptères. Des tirs de semonce ont été nécessaires pour dissuader les pirates de prendre la fuite.

Depuis le 5 mars, la frégate Nivôse était déjà intervenue par trois fois pour intercepter successivement onze pirates puis onze autres le 5 mars, et deux supplémentaires le 6 mars. Elle a ainsi contribué à la saisie de quatre bateaux-mères et six skiffs et démantelé les activités de quatre groupes de pirates.

[…] L’opération Atalante a été déclenchée en décembre 2008 sur décision du Conseil de l’UE. En protégeant les navires du PAM [Programme alimentaire mondial], elle a déjà permis l’acheminement de 300 000 tonnes d’aide alimentaire au profit des populations déplacées de Somalie.

Elle contribue également à la protection des navires vulnérables naviguant dans le golfe d’Aden et au large des côtes de Somalie, ainsi qu’à la dissuasion, à la prévention et à la répression des actes de piraterie et des vols à main armée.

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Mars et avril sont les mois pendant lesquels le risque de subir des actes de piraterie dans le golfe d'Aden et l'Océan Indien est le plus élevé.

Ça a été le cas la semaine dernière pour plusieurs bateaux de pêche (4 espagnols et 2 français).
Si ces attaques ont perturbé les activités de thoniers, la frégate Nivôse a en revanche fait bonne pêche.

Des esprits chagrins avancent que certains bateaux de pêches sont peu enclins à révéler les positions et heures exactes des accrochages tant que la situation n'est pas critique. Seraient-il donc possible que des bateaux de pêche européens braconnent depuis des années ?

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